Donner la parole aux jeunes

(par Charlotte Barsky - Membre du bureau de Volt France)

Dans son discours sur l’état de l’UE, Ursula von der Leyen déclarait “2022 sera l’année de la jeunesse européenne”. Oui, la jeunesse européenne est essentielle, car elle représente l’avenir de l’UE. Mais non, le discours de la présidente de la Commission européenne n’est pas suffisant : les discours n’ont aucun impact sans action concrète. Si quelques initiatives ont été présentées, tel que le programme ALMA pour aider les jeunes à entrer dans la vie active, aucune véritable avancée n’a été annoncée pour construire une relation de confiance entre les jeunes et les dirigeants européens. Afin de donner un réel poids décisionnel aux jeunes, il est nécessaire de leur donner un espace de collaboration qui manque actuellement en 2021, dans un monde où être jeune et activiste ne sont pas des choses bien ancrées dans l’éducation scolaire.

Les médias sociaux permettent aux jeunes de s'exprimer parce qu'ils ne sont pas écoutés par les médias traditionnels qui se désintéressent de leurs revendications. Comment donner la parole aux jeunes pour leur permettre de s’affirmer, d'évoluer afin de devenir les leaders de demain ? Cela demande premièrement de les écouter pour comprendre d’où vient ce manque de confiance envers la politique. Il s’agit ensuite de (ré)ouvrir un dialogue intergénérationnel et inclusif, pour que toutes et tous puissent s’écouter, quel que soit leur âge, leur origine ou leur genre.

Une confiance instable des jeunes envers la politique

La méfiance envers la politique n’est pas nouvelle, et ne s’observe pas seulement dans les sondages mais aussi lors des élections. L’abstention électorale ne cesse de croître depuis ces dernières années. Elle s’explique notamment par un sentiment d’abandon de la part de responsables politiques qui ne répondraient pas aux préoccupations citoyennes ou n’apporteraient pas les réponses attendues.

Les élections européennes sont le signal clair d’un manque de confiance préoccupant : seule la moitié des citoyennes et citoyens de l’UE se sont rendus aux urnes en 2019. Ce désintérêt pour la politique européenne s’explique principalement par une crise de la représentation et un sentiment de distance vis-à-vis des institutions européennes qui paraissent complexes et dont les processus décisionnels sont peu expliqués. 

Paradoxalement, les jeunes sont ceux qui ont le plus voté lors de ces élections. David Sassoli, président du Parlement européen, a reconnu ces résultats comme le signe d’une jeunesse européenne qui considère que la politique est en mesure de connecter ses ambitions aux préoccupations des jeunes. Aujourd’hui, si les jeunes s’abstiennent plutôt massivement, comme observé lors des élections régionales 2021, ils agissent par d’autres biais tels que des actions collectives pour le changement social notamment contre le réchauffement climatique et pour la protection des droits humains.

(Ré)ouvrir le dialogue entre une génération représentée et une génération en demande de considération

Un décalage s’observe fréquemment entre les jeunes et les dirigeants politiques. Les jeunes ont parfois l’impression de ne pas être écoutés, et se réfugient sur les réseaux sociaux, qui peuvent être source d’information comme de désinformation. A Volt, nous avons à cœur de vulgariser nos contenus communicationnels, et nous nous appuyons sur les données scientifiques pour lutter activement contre les fake news. 

Un des problèmes actuels est le sentiment que la politique est réservée à une unique catégorie de personnes. A Volt, nous mettons les citoyennes et les citoyens au cœur du processus, en permettant à chacune et chacun de s’engager en politique, en particulier les jeunes, généralement peu pris au sérieux lorsqu’ils expriment leurs opinions politiques. Des jeunes activistes ont déjà réussi à franchir cette barrière et à provoquer de véritables changements. C'est le cas de Greta Thunberg, qui, à ses 15 ans, a averti les chefs d’Etats et de gouvernements du monde entier sur l’impact du changement climatique et la nécessité d’agir rapidement pour préserver les générations futures. Cependant, toutes et tous n’ont pas la capacité de faire entendre leur voix. C’est pour cela qu’il nous semble essentiel d’ouvrir des espaces de débats au sein des établissements scolaires, parce que nous croyons que la confiance des jeunes se développe tout d’abord dans la sphère éducationnelle.

Inclure l’ensemble des jeunes : chacune et chacun peut agir pour son avenir

Inclure les jeunes, c’est s’assurer que personne ne soit laissé pour compte. C’est notamment inclure les jeunes femmes, qui manquent encore de représentativité dans la politique, ainsi que les groupes généralement oubliés. Volt s’engage à soutenir en particulier les jeunes issus de minorités sous-représentées comme les jeunes en situation de handicap, appartenant à la communauté LGBTQIA+, ceux et celles réfugiés, les jeunes en difficulté… Cela implique la défense active de leurs droits, l’ouverture de sessions psychologiques, et le dialogue avec celles et ceux qui paraissent déconnectés ou isolés. C’est également lutter contre les violences dans le cadre scolaire et familial : informer, écouter les victimes et leur donner un espace d’écoute et de sécurité pour qu’elles se sentent protégées, sanctionner les coupables et permettre à chacune et chacun la réinsertion sociale. 

La seconde étape consiste à créer un espace où les jeunes peuvent s’exprimer. Volt sera notamment présent au Forum européen de la jeunesse, les 8 et 9 octobre 2021. 

Nous ne nous arrêtons pas là ; nous souhaitons démocratiser ces initiatives à l’ensemble des jeunes. En effet, elles sont encore réservées à une catégorie de jeunes : celles et ceux qui ont reçu une éducation leur permettant de faire entendre leur voix, mais également les jeunes qui ont eu l’opportunité de participer à ces types d’évènements. A Volt, nous nous engageons à véritablement donner la parole à la jeunesse européenne pour qu’elle puisse s’impliquer dans les décisions.