Premier anniversaire de Volt − Colombe Cahen-Salvador

Une histoire toute personnelle de Volt

Il y a exactement un an, nous avons lancé Volt (voir « La bataille pour notre avenir », « Le salut à votre porte : pourquoi nous avons désespérément besoin de Volt »). En l'honneur de son premier anniversaire, laissez-moi vous emmener dans un court voyage qui en retrace les étapes clés et rappelle pourquoi nous passons notre temps à nous battre pour faire de ce rêve une réalité.

23 juin 2016 : le choc du Brexit

Non, ce n’était pas vraiment une surprise, compte tenu de la campagne politique menée et de la situation actuelle. Cependant, c'était un nouveau coup porté à un concept – l'Union européenne – que nous pensons être le meilleur moyen d’atteindre la paix, la sécurité, un niveau de vie plus élevé et le respect des droits de l'homme, entre autres (voir « un appel à l'Europe »).

Cela s'est produit dans un contexte de montée du populisme dans le monde, de montée des inégalités au sein des pays et, au milieu de tout cela, d’une recrudescence des crimes de haine, (voir à ce propos « Les populistes européens et comment les combattre »). Pour toutes ces raisons, le Brexit a profondément touché les gens – probablement plus qu’ils ne le pensaient. Alors qu'on se plaignait au téléphone avec Andrea de l’impact du Brexit sur notre vie, le matin de ce fameux 23 juin, il m’a dit quelque chose qui a tout de suite résonné en moi : « cessons de nous plaindre et faisons quelque chose qui protège ce à quoi nous tenons ». Oui, c'est une excellente idée, mais comment ?

A partir de ce moment-là, l'idée de Volt a commencé à germer : et pourquoi pas un mouvement que nous lancerions dans un pays pour qu’il grandisse et se développe ensuite dans un autre ? Non, cela n'atteindra pas notre objectif. Alors un mouvement européen ? Non, parce que l'Europe est un moyen d'atteindre notre objectif, mais ne peut être la seule solution : certains problèmes locaux ont besoin de réponses locales. Lentement, avec l'aide de Damian, nous avons commencé à nous diriger vers un mouvement qui existerait non seulement au niveau européen, mais également dans tous les pays de l'espace européen, afin de résoudre les problèmes à tous les niveaux, de mettre en œuvre les meilleures pratiques pour trouver des solutions, de vraies solutions qui apporteraient un réel changement. Comme aucun d’entre nous n’avait d'expérience politique, nous avons vite compris qu’il ne fallait pas seulement viser à changer l’Europe et ses pays membres mais aussi la manière dont la politique était menée.

Encore un peu hésitante, je fus convaincue lorsque Andrea me dit ceci : « Écoute, j'espère que nous réussirons, mais même si ce n'est pas le cas, ce n'est pas ce qui compte. Ce qui compte, c’est que nous préparions le terrain pour montrer que c’est faisable, que de nombreux pays peuvent travailler ensemble pour un meilleur avenir pour tous et que nous pouvons trouver une bonne manière de faire de la politique. »

Très rapidement, nous avons convenu de travailler autour de concepts et de valeurs de base, notamment les suivants :

  • Notre but est d'aider les citoyens et nous agirons dans ce sens ;
  • Nous défendons le respect des droits de l’homme et ne ferons jamais de compromis à cet égard. Les droits de l'homme font partie de nos valeurs fondatrices et fondamentales ;
  • Nous ne reculerons pas devant un combat simplement parce qu’il est impopulaire, difficile ou nous ferait perdre des votes ;
  • Nous nous appliquons nos principes à nous-mêmes : il est très facile de dire que nous voulons que les gouvernements, les pays et les autres se comportent d'une manière particulière, mais qui sommes-nous si nous ne donnons pas l'exemple? ;
  • Nous agirons de manière propre et claire : nous ne jouerons pas dans la cour des récits populistes, nous ne serons pas un mouvement antidémocratique, nous ne serons pas provocateurs uniquement pour enflammer les gens, et nous ne ferons pas campagne sans programme ni politique forte.

29 mars 2017 : le lancement et notre première année

Avec l’aide de quelques amis, nous avons lancé Volt le jour du déclenchement de l’Article 50, il y a un an. Nous avons lancé un mouvement progressiste paneuropéen, présent au niveau européen et dans de nombreux pays, ce mouvement veut révolutionner la politique et la manière dont elle est menée. Volt n'est ni de gauche ni de droite, ni conservateur ni libéral : nous dépassons toutes ces étiquettes.

Ce sont nos arguments de présentation, mais qu'est-ce que cela signifie réellement?

Paneuropéen: nous sommes paneuropéens parce que nous voulons être présents dans tous les pays européens et au niveau européen. Nous pensons que c'est le meilleur moyen d'engager un changement, car nous pouvons nous attaquer aux problèmes partout et ensemble. C'est ce qui nous rend unique : nous pouvons nous inspirer d'autres pays, chercher ensemble des solutions, collaborer et aboutir aux meilleurs résultats possibles pour tous. Nous appartenons tous à Volt et pouvons définir des priorités pour lutter ensemble.

Pro-européen: nous sommes un mouvement pro-européen, oui, mais cela ne signifie pas que nous voulons aveuglément progresser vers une Union plus proche. Nous sommes pro-européens tout en comprenant que de nombreux aspects de l’UE doivent être radicalement réformés, remis en question et améliorés (voir notre politique phare « Unir l’Europe »). Pour nous, l’Europe est un moyen et non une fin en soi : notre objectif est d’aider, de construire à partir de ce qui est, et de changer ce qui doit être changé pour faire en sorte que personne ne soit laissé pour compte, que tous bénéficient de la même égalité de droits et du meilleur niveau de vie possible, et que nous vivions dans un monde meilleur. Nous pensons, comme l'histoire le prouve, que l’un des moyens d’y parvenir est l’Europe. Cependant, ce n'est pas le seul.

Progressif : nous préconisons et travaillons pour le progrès, le changement et les réformes sociales.

Ni à gauche ni à droite : nous utilisons les meilleures pratiques.

Tout cela signifie que nous prônons un modèle qui fonctionne autour d'une politique qui respecte nos valeurs fondamentales. Nous vérifierons son impact sur les personnes qui en seront le plus affectées, sur la base de preuves et sur le respect des preuves scientifiques. Nous ne voulons pas nous associer aux clans de partis traditionnels car c'est impossible pour un mouvement qui se trouve implanté dans plus de 23 pays européens ; nous ne nous réservons que le droit d'utiliser « les meilleures pratiques » ce qui ne signifie pas faire la même chose dans chaque pays. L'essentiel de ce que nous sommes tient au fait que nous voulons défendre un programme. En tant que mouvement paneuropéen, la question a été posée de savoir comment mettre en place des programmes cohérents à tous les niveaux (européen, national et local). Voici ce que nous avons décidé.

Les politiques et les programmes sont d'abord créés au niveau européen, dans le cadre de nos défis « 5 + 1 ». Ce sont des directives générales qui laissent place à l’adaptation. Les représentations nationales traduisent, adaptent, et au besoin créent de nouvelles politiques. Les politiques nationales doivent être conformes aux directives européennes et en cohérence avec les politiques des autres pays ; les pays peuvent atteindre un objectif de différentes manières, mais leurs politiques ne peuvent pas s’opposer directement.

Toute politique créée à un niveau quel qu'il soit doit respecter nos valeurs fondamentales (principalement le respect des droits de l’homme mais aussi les autres valeurs), être fondée sur des preuves lorsque ces preuves existent et faire l'objet d'un « contrôle de vulnérabilité » (c'est-à-dire vérifier l'impact induit sur l’ensemble de la population qui sera de ce fait le plus impacté). Enfin, il convient de mettre en œuvre les meilleures pratiques lorsque c’est possible : nous ne prétendons pas tout savoir, mais observons ce qui fonctionne et la manière dont nous pouvons le mettre en place ailleurs ou si nous avons besoin de trouver une solution radicalement différente.

Toutes nos politiques suivent le processus que notre mouvement a défini et nous garantirons le vote et l'expression d'opinion des Volters.

Tout cela est possible grâce aux membres extraordinaires de nos équipes : ils appartiennent à tous les secteurs d'activité sont de tous les âges. Certains sont des experts dans leur domaine et sont à la pointe de la conduite du changement dans leur vie professionnelle. Cependant, chaque fois que nous avons manqué de compétences et d'expertise pour élaborer certaines politiques, nous avons attendu que des personnes dotées des compétences manquantes soient disposées à aider ou à adhérer, et ce plutôt que de donner une réponse mal avisée. Nous avons reconnu que nous devions en savoir plus, ce qui est primordial, et c'est pourquoi nous faisons appel à des experts pour nous aider, revoir nos politiques et utiliser les meilleures pratiques.

29 mars 2018 : l'avenir

Cela fait désormais un an que nous avons lancé Volt. D'un « mouvement » composé d'un italien, d'une française et d'un allemand, où en sommes-nous maintenant ?

Nous sommes maintenant dans plus de 24 pays européens, dans plus de 50 villes, sans compter nos communautés d'expatriés. Nous avons plus de 3.000 supporters et 1.500 membres. Nous avons commencé avec une page Facebook, nous en avons maintenant plus de 20. Nous avons installé le siège du mouvement au Luxembourg. Nous sommes devenus un parti politique en Allemagne et travaillons pour faire de même dans tous les autres pays. Nous avons eu trois événements paneuropéens (juillet : Milan ; octobre : Berlin ; Janvier : Bucarest) et auront notre quatrième événement en mai à Paris. Nous organisons nos premières séries d'assemblées générales nationales dans toute l'Europe et avons organisé plus de 200 réunions. Enfin, nous avons commencé à avoir une couverture de presse abondante (ici, ici, ici, ou encore ici).

Outre ces chiffres impressionnants, nous nous sommes efforcés d’avoir une structure interne solide qui nous permette d’être aussi démocratiques, efficaces et justes que possible. Pour cela, nous avons tenu nos premières élections internes et avons voté nos politiques (et continuons de le faire). Nous avons créé un groupe de travail chargé de donner l'exemple, qui propose des lignes directrices et des propositions pour le mouvement afin de garantir que nous vivons conformément à nos valeurs, que nous sommes inclusifs et neutres, et que nous ne produisons pas seulement des propositions mais que nous les mettons effectivement en œuvre au sein du mouvement. À titre d'exemple, le conseil d'administration de Volt Europa ne peut pas avoir de personnes possédant la même nationalité et les trois membres du conseil d'administration ne peuvent pas être du même sexe. En outre, nous mettons en place un organe externe de résolution de conflit chargé d'examiner les allégations de comportement inapproprié et discriminatoire, de violence, ou de harcèlement sexuel, conformément à notre politique « Bridge the Gender Gap » qui préconise de telles mesures surdité la mixité sur le lieu de travail.

Maintenant, quelle est la prochaine étape ?

Nous avons de grands projets : nous voulons commencer par être élus au Parlement européen en mai 2019, dans au moins 7 pays et avec 25 députés européens, pour être le tout premier parti paneuropéen indépendant. Cela ne signifie pas que nous nous présenterons uniquement aux élections européennes : nous prévoyons de nous présenter simultanément aux élections nationales, régionales et locales. Nous ne cherchons pas à être élus simplement pour être élus : nous pensons qu’en étant un mouvement indépendant, nous pourrons réaliser de véritables changements et faire progresser notre programme de manière harmonieuse au niveau européen, tout en faisant de même aux niveaux national, régional et local.

En réfléchissant aux dernières années, passées à travailler sur Volt et à en discuter avec beaucoup d’entre vous, ce qui me revient sans cesse, c’est l’importance de ne pas perdre de vue les raisons pour lesquelles nous faisons tout cela. Aussi ringard que cela puisse paraître, la véritable raison est d'aider les gens et de faire de l'Europe un endroit meilleur, à défaut du monde entier. Par Europe, je ne parle pas seulement de l'UE, mais de tous les pays, régions, villes et villages. Oui, nous avons déjà tellement grandi et avons encore beaucoup de potentiel, mais à quoi cela sert-il si nous devenons simplement un autre parti politique assoiffé de pouvoir et de célébrité ? Ce qui nous rend « nous » est que nous nous soucions de ce qui nous entoure. Nous nous en soucions tellement que des milliers de personnes travaillent bénévolement pendant leur temps libre pour veiller à ce que les choses changent réellement. C'est pourquoi Volt est si unique et nous l'avons vu lors de nos événements. La raison, c'est que nous sommes tous ici pour la même raison et que nous ne sommes peut-être pas toujours d’accord au début sur les moyens d’y arriver, mais que nous sommes d’accord sur l’objectif. Cela se traduit dans la pratique par la recherche constante d'un compromis et la recherche d'une solution malgré les discussions extrêmement d'actualité avec plus de 100 personnes de plus de 20 pays, et d'origines et d’horizons différents. Nous discutons et discutons encore ; nous ne sommes pas toujours d’accord, mais nous ne nous battons pas.

Chaque fois que je vous rencontre, tous les Volters, lors de nos événements, je sors avec un enthousiasme, une motivation et un espoir électrisants (oui, notre nom nous convient parfaitement). Pour cela, je tiens à vous remercier et à vous demander une autre faveur : ne perdez jamais cette passion, ne lâcher rien et n'oubliez jamais pourquoi vous le faites.


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  • Louis Drounau