Premier anniversaire de Volt − Andrea Venzon

Il y a un an, quelques minutes avant le lancement de Volt, j'étais assis dans un quelconque café universitaire, nerveux comme je ne l'avais jamais été auparavant. Assis à ma table, il y avait Damian − ami de longue date, que j'avais convaincu de m'aider en échange d'un déjeuner, et désormais Vice-président de Volt − et avec nous, par téléphone, Colombe, engagée à l'époque dans la défense des droits de l'homme et qui maintenant dirige l’équipe politique de Volt et plus particulièrement le sujet des droits de l'homme.

Tous les trois, nous avions planifié cette journée depuis longtemps. L’idée naïve, ambitieuse et extrêmement prometteuse que j’avais formulée au cours des mois précédents et que ces deux idéalistes m’ont aidé à structurer était prête à être mise en œuvre. Enfin, «prête»… je veux dire que nous avions une page Facebook, un site web que j'avais conçu moi-même, quelques amis prêts à aider au lancement et absolument aucun budget, mais une passion et une volonté énormes de changer la politique et l'avenir de l'Europe. De quoi d'autre avez-vous besoin pour créer un mouvement paneuropéen ?

L'origine de l'idée

"Et puis le Brexit est arrivé...". J'ai dû répéter cette phrase 500 fois, dans tous les coins de ce continent et même au-delà. Cependant, quand on me demande pourquoi j'ai décidé de lancer ce projet, je ne peux pas m'empêcher de parler de ce chaud jeudi de juin. À l'époque, je travaillais encore dans le secteur privé et je n'aurais jamais pensé à me lancer moi-même dans la politique, à seulement 25 ans. Cependant, lorsque les résultats du vote sont devenus clairs, j'ai compris que l'Union européenne et toutes les valeurs qui y étaient liées étaient en danger pour la première fois de ma vie. Une société ouverte et sûre, la possibilité de sentir qu’elle faisait partie de quelque chose de plus grand que mon pays et le rêve d’un continent en constante évolution s’écroulaient, et aucune faction politique ne se levait pour les défendre.

La préparation

Un parti national ? Un mouvement européen ? Ce dilemme m'a tourmenté pendant plusieurs semaines. D'un côté, en tant qu'Italien, je voyais une grande opportunité de créer une nouvelle force politique dans le paysage politique déprimant de mon pays. Cependant, je me suis vite rendu compte que, pour vraiment changer les choses, propager une vision et créer un véritable projet à long terme susceptible d'améliorer ce continent, il fallait quelque chose de plus grand qu'un parti politique national.

Construire un mouvement européen pouvait ne pas sembler si novateur. Certains ont essayé, souvent avec des résultats médiocres. Cependant, la construction d’un mouvement paneuropéen et transnational, prêt à produire des solutions locales dans un cadre européen était, elle, véritablement novatrice. L’idée de s'ancrer directement au niveau local, de constituer des équipes dans des dizaines de villes, de permettre aux gens de participer et d’avoir une voix de la Sicile au Brandebourg − et pas seulement de Paris à Berlin − change la donne. Souvent, les acteurs politiques européens (au même titre que les institutions européennes) sont à des kilomètres des citoyens. C'est pourquoi nous avons construit un mouvement composé de citoyens, de réalités locales, de différences culturelles, de problèmes réels, de solutions partagées et d'un nombre incroyable d'efforts pour ne pas devenir un mouvement « j'aime l'Europe − réservé aux anglophones ». Des centaines d'événements, 50 équipes de villes, 15 pages Facebook.

Le lancement

Pour en revenir à ce matin, il est maintenant clair que la seule chose qui pouvait soulever un projet sans nom ni fonds était la force de l’idée elle-même et la passion de ceux qui la soutiennent. Je me souviens des visages épuisés de Colombe, de Damian et de tous les autres qui ont mis en oeuvre le premier lancement : Guglielmo, Giulio, Salomé, Federico(s), Filippo, Niccolò, Eugenio. Épuisés après une journée complète de posts sur les réseaux sociaux, de corrections de notre site Web, de demandes de participation à des interviews et nombreuses autres activités que des centaines de personnes prennent dorénavant en charge. Sans quelques têtes folles, Volt − à l'époque encore Vox − se serait écrasé au sol en quelques heures. Grâce à leur passion et à l’énergie de ceux qui ont donné tout ce qu’ils pouvaient pour une idée, nous sommes ici.

La croissance

Depuis lors, le trajet a été merveilleux. Nous avons eu des milliers de nouveaux membres, des centaines d'événements, des dizaines de pays adhérents, quatre campagnes de financement participatif, trois rassemblements paneuropéens, deux sites web, une nouvelle image de marque, et un nombre infini de petits et grands succès qui ont défini l'identité de ce mouvement, soutenu la motivation de ses adhérents et élargi son immense potentiel de développement.

À partir de ce jour, beaucoup d'entre nous ont passé beaucoup de temps libre, perdu des heures de sommeil, voire perdu de l'argent, mais aucun n'a perdu la passion de contribuer à une vision qui pourrait changer notre continent pour toujours.

Le présent

Près de 3.000 membres et sympathisants répartis dans 24 pays européens, couverture de presse dans les journaux les plus prestigieux du continent, vidéoconférences chaque jour pour organiser des activités, et toujours les mêmes visages − jeunes et moins jeunes − qui œuvrent pour l’amélioration de l’Europe. Toujours pas de grands noms, pas beaucoup de fonds, et la même conviction indéfectible de faire partie de quelque chose qui pourrait conduire à la plus grande révolution politique de ce siècle.

Après 365 jours, nous pouvons tous être fiers de ce que nous avons accompli, fiers de ne pas y avoir perdu notre identité, fiers de collaborer malgré nos différences culturelles, fiers de la solidarité que nous montrons lorsque nos membres vivent une période difficile, fiers de se battre avec toutes nos énergies pour améliorer nos sociétés.

L'avenir

Volt est de plus en plus professionnel, a de plus en plus de membres et de compétences, et une notoriété croissante. Nous ne pouvons pas prévoir où tout cela ira, mais je peux personnellement garantir que je continuerai à donner tout ce que je peux à ce projet.

Voici quelques-uns des jalons que le mouvement a en vue:

  • un séminaire à Paris en mai, réunissant des centaines de Volters pour préparer nos actions futures ;
  • quelque part en Europe, en octobre, le lancement de notre deuxième assemblée générale et de notre campagne européenne ;
  • en mai 2019, dans au moins 7 pays européens, nous aurons des candidats aux élections européennes ; et
  • un avenir dans tous les coins de ce continent, offrant de vraies solutions et luttant pour les causes auxquelles nous croyons, de la plus petite ville jusqu’au Parlement de Bruxelles.

Rejoignez le changement. Beaucoup l'ont déjà fait et je leur témoigne toute ma reconnaissance pour ce qu'ils engagent Volt à atteindre.

Je vous remercie,

Andrea


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  • Louis Drounau