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Reconstituons nos terres agricoles !

Volt Hauts-de-France : #lapolitiquepourlavenir

Commencer la reconstitution de terres agricoles et de la biodiversité

Pourquoi est-ce important ?

La région des Hauts-de-France est une région agro-industrielle dont 60% de la surface est utilisée pour l'agriculture (33% en France) et dont 54% des exploitations sont supérieures à 50 ha en utilisant 89% des terres arables. La plupart de la production végétale (chicorée, betteraves, céréales, pomme de terre, petits pois) sont destinés à l’industrie agro-alimentaire ou à l'export en dehors de la région. Cette agriculture intensive de grandes cultures dégrade la qualité chimique des eaux souterraines et des sols. Cependant, le sol doit être considéré à la fois comme un bien privé et un bien public. La création de trois centimètres de terre arable fertile peut prendre jusqu'à des décennies, et tandis que les risques de changement climatique, de la sécheresse et des glissements de sols fertiles se sont déjà manifestés dans les dernières années, la région devrait commencer à gérer activement l'état de ses terres arables. Les prix des terres arables sont comparativement modérés et un grand nombre d'agriculteurs approchent l'âge de la retraite. Puisque les protéines artificielles vise à remplacer à terme une partie de la filière viande - principal consommateur de nombreuses cultures - la région a l'obligation de veiller à ce que ni le changement climatique ni l'innovation ne déciment pas l’industrie dans les Hauts-de-France. Une localisation de 25% de l'alimentation avec une part de 25% de produits biologiques ainsi qu'un remplacement de 25% de la viande naturelle nécessiterait d'utiliser ~350 000 ha (soit 15 % de la superficie agricole utilisée aux Hauts-de-France vis-à-vis de 2% en 2018) et entraînerait une réduction de 15% des émissions de CO2 liées à l'agriculture - des objectifs à long terme compte tenu de la nécessité de reconstituer les sols et de réduire les émissions des gaz à effet de serre.

Que proposons-nous ?

  • Inciter l’agrivoltaïque en fournissant des panneaux solaires mobiles ou surélevés aux agriculteurs ou en les rémunérant pour l'électricité produite sur les terres agricoles sur lesquelles les cultures sont en rotation ou en jachère pour se rétablir ;
  • Mettre en place un programme à long terme pour introduire l'agroforesterie avec des forêts à croissance rapide et compenser les agriculteurs pour le CO2 capté ;
  • Limiter les ventes de Safers aux agriculteurs, qu'il s'agisse de produits biologiques ou de produits destinés à une distribution locale, et privilégier les petits projets agricoles durables bénéficiant du soutien de l'AMAP par rapport aux grands agriculteurs ;
  • Imposer des limites strictes aux gaz résiduels émis par les digestats afin de garantir que la méthanisation conserve un bilan environnemental positif ;

Peut-on estimer le coût ?

Inciter l’agrivoltaïque

Sur la base du profit de 750€ par hectare de terres agricoles dans les Hauts-de-France en 2019 et en considérant un loyer par hectare pour installer des fermes solaires de 900-2000€, un modèle où les agriculteurs reçoivent une compensation pour une installation temporaire de panneaux solaires pour permettre au sol de récupérer ou de planter des cultures d'ombre tout en produisant de l'électricité devrait être testé. La région installera un projet de démonstration au sein de son centre de compétence pour les énergies renouvelables. On estime qu'une ferme solaire de démonstration d'une capacité de 50 MW nécessitera un investissement de 35 M€ (0,69€/Watt). En supposant que la mobilité portera ce chiffre à 50 millions d'euros et que 75 % de cet investissement est finançable par l'UE (BEI, EFSI, fonds de cohésion), la région devrait consacrer 12,5 millions d'euros au projet et élaborer un plan directeur pour que les fournisseurs d'énergie et les agriculteurs puissent générer des revenus tout en permettant aux terres de se reconstituer.

Promouvoir l'agroforesterie

Le Royaume-Uni a mis en place un code et un système national de crédit carbone qui garantit les paiements pour le captage du CO2. Dans le cadre d'un modèle de rachat aux enchères inversées, les exploitants agricoles doivent calculer leur prix par tonne de CO2 pour rendre un projet commercialement viable. Si le gouvernement accepte cette offre, il garantit le prix pendant 35 ans, ce qui assure un revenu stable à long terme. Nous aimerions établir un code similaire pour la gestion durable des forêts ainsi qu'un programme pilote de crédits carbone pour tester cette approche dans les Hauts-de-France et pour développer les outils de régénération naturelle des forêts à grande échelle. En utilisant le prix moyen de 26,80€ par unité de carbone forestier (1 t de CO2 séquestrée dans une forêt conforme au standard) et la possibilité de capturer 60 t de CO2 par hectare et par an, un budget de 2,5 M€ devrait permettre de faire pousser des forêts sur une surface d'essai d'environ 1500 ha. Le programme de soutien à la plantation de forêts, qui est expiré, devrait également être réactivé, ce qui représente un total de 3 millions d'euros par an. 

Privilégier l'agriculture locale et bio

Les SAFER disposent d'un droit d'achat préventif pour les terres agricoles et sont fortement critiquées pour leur manque de transparence. Une transition vers une agriculture plus durable et un renversement de l'éviction des petites exploitations agricoles ne fonctionnent que si les SAFER donnent la priorité aux ventes à ces types d'exploitations. Aucun coût n'est prévu cette mesure.

Financer l'innovation agricole

Les Pays-Bas ont l'habitude d'une agriculture innovante qui doit tirer le meilleur parti de leur surface agricole limitée. Nous aimerions créer une initiative d'innovation pour rechercher et appliquer les meilleures pratiques reconnues à l'étranger sur notre surface agricole et les moyens de mesurer et de publier des données sur l'utilisation de l'eau et des engrais. L'initiative sera également située dans notre centre de compétence pour les énergies renouvelables. Le budget annuel estimé, y compris deux personnes, est de 500 000 €/an.

Contrôler la méthanisation

Aucun coût n'est prévu pour l'introduction de cette mesure.

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Pour aller plus loin

(icône par Adrien Coquet du Noun Project, Photo par Markus Spiske sur Unsplash)